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7 jours pour communiquer avec bienveillance

La motrice libre consiste à laisser l’enfant libre de ses mouvements afin de lui permettre d’explorer son corps et de se développer en toute confiance. Ce concept n’est pas un effet de mode, il date des années 60. Et aujourd’hui fait partie intégrante aujourd’hui des projets pédagogiques de très nombreuses crèches.

Mais en tans que parent, comment aider concrètement son enfant à pratique la motricité libre?

D’où vient la motricité libre?

Nous devons ce concept à Emmi Pikler, pédiatre hongroise née en 1902, qui a développé le concept de « motricité libre » ou « motricité autonome » tout au long de sa vie professionnelle. Elle a travaillé sa vie durant sur le développement moteur de l’enfant. Elle a pu constater que les enfants sont acteurs de leur motricité si tant est qu’on les laisse faire. Le rôle des parents est alors d’accompagner et non pas de conduire l’apprentissage. Une nuance qui a son importance.

Contemporaine de Maria Montessori qui s’intéresse alors qu’aux enfants de plus de 3 ans, Emmi Pikler sera l’une des rares à observer les nourrissons. Forte de son expérience auprès des familles, elle constate que les tout-petits peuvent développer des compétences innées, sans aucun enseignement ni apprentissage extérieur, sous le regard attentif des parents ou des éducateurs qui les observent, les accompagnent, les soutiennent et veillent à leur apporter un cadre stimulant et sécurisant, sans pour autant intervenir dans leurs apprentissages.

À partir de cette constatation, elle va fonder sa conviction : un enfant qui se déplace librement sans restriction est beaucoup plus prudent, à gérer ses activités, tomber sans risque, alors qu’un enfant limité dans ses mouvements, surprotégé se met plus facilement en danger : il n’a pas la capacité de connaître ses limites. Les enfants sous surveillance n’apprennent pas cette capacité motrice et se mettent plus danger. Emmi Pikler découvrit ainsi le nourrisson comme étant compétent.

Les étapes de la position sur le dos à la marche

Emmi Pikler nous a décrit les différentes phases du développement moteur naturel de l’enfant. Il part du dos, au sol, pour ensuite passer par plusieurs étapes avant d’acquérir la marche :

source : www.pikler.fr
  1. il va apprendre à rouler sur le côté pour se retrouver sur le ventre ;
  2. puis il va se déplacer en rampant (reptation) et se mettre à quatre pattes, sur les genoux et les mains ;
  3. et va progressivement se mettre sur le coté pour ensuite réussir à se mettre assis ;
  4. puis à se lever, à l’aide d’un appui (meuble par exemple) ;
  5. et enfin se mettre à marcher en se mettant accroupi puis en se levant et trouvant son équilibre. 

Vous l’aurez compris chaque étape est d’une importance capitale. C’est ainsi que petit à petit, il va pouvoir apprendre à appréhender le monde. Mais aussi muscler toutes les parties du corps qui vont intervenir dans la marche. Le faire sauter une étape, en le mettant assis par exemple, peut le bloquer dans son développement. Pourquoi apprendre à me mettre assis si papa ou maman m’installe dans cette position ? Cet ordre d’acquisitions motrices serait même inscrit dans nos gênes.

La spontanéité : la clef de la motricité libre

« Il importe de ne pas le contrarier en faisant intrusion, en exposant par exemple le bébé à des postures qu’il n’a pas encore découvertes et qu’il n’est pas encore prêt à adopter, lui enlevant la joie de découvrir par lui-même et la confiance en ses propres capacités »

MYRIAM DAVID, 2003

C’est en laissant faire l’enfant qu’il va prendre un immense plaisir à se mouvoir et acquérir ainsi de nouvelle aptitude. Comme l’explique Emmi Pikler, « au travers de l’exercice de cette activité spontanée, le bébé est en vérité le moteur, l’animateur de la progression de son développement global : psycho-moteur, cognitif, psychique ». En explorant ainsi ces capacités motrices, l’enfant va non seulement developper sa motricité mais aussi progressivement la confiance en lui. Ce sont tous ses sens et ses facultés qui sont en ébullition. Enfin, il y a un élément primordial qu’il va pouvoir intégrer et bénéficier toute sa vie : la confiance.

Il n’y a que des bonnes raisons de choisir la motricité libre. Et cela s’intègre parfaitement dans les principes de la pédagogie Montessori.

Il y a aussi un autre aspect non négligeable : c’est économique. À part un tapis un peu rembourré et quelques aménagements pour que bébé puisse apprendre à se mouvoir sans dangers (vases, meubles instables, etc.), il n’y a pas besoin d’acheter quoi que ce soit, ni transat, ni pousseur. A tester !